Mots francophones en roumain ?

Abstract: (French Words in Romanian) For certain words, the Romanian dictionaries indicate a French etymology that seems inaccurate from the point of view of the metropolitan French. Either the words given as a source for the Romanian neologisms do not exist (autogoal), or they have a different sense in "hexagonal" French (benzine, cabane, diète, lavoir). Nevertheless, these words or senses are to be found in the variety of French spoken outside France (respectively in Belgium and in Switzerland).The question that arises is what the source language of these loans is and how they entered the Romanian vocabulary. As there are little chances that French spoken in Belgium or in Switzerland was able to leave lexical tracks in Romanian, it is necessary to look for the common source or for the common factor that marked as well the French vocabulary of Belgium and Switzerland as that of Romanian. Structured in two parts, the present article analyzes the words alike in Belgian French and in the Romanian language and the words similar in Swiss French and in Romanian. The first class contains (1) words inherited from Latin (BF. pape < lat. pappa - roum. papă), (2) words corresponding to old French lexical units (BF. prester une activité - roum. a presta o activitate), (3) archaisms (BF. logopède, replaced in FF. by orthophoniste roum. logoped), (4) paralelly derived terms (BF. calcareux - roum. calcaros), (5) lexical loans of modern origin (BF. kermesse - roum. chermesă ; BF. carrousel - roum. carusel), (6) loan translations (BF. assiette profonde roum. farfurie adâncă), (7) interlinguistic homonyms (BF. clenche - roum. clanţă). The second category contains (1) archaisms (SF. quittance - roum. chitanţă), (2) regional terms (SF. cabane - roum. cabană), (3) loanwords (SF. foehn < all. Föhn - roum. föhn), (4) loan translations (SF. escalier roulant < all. Rolltreppe - roum. scară rulantă). In conclusion, in Romanian the words resembling to some Belgium or Swiss regionalisms are either direct loans from hexagonal French of the last centuries, or Germanic loans due to the relations that Romania had with the Germanic nations.

Keywords: regional French words, lexical borrowings, regionalism, archaism, false friends

Résumé: On constate parfois que, dans le cas de certains mots, les dictionnaires roumains indiquent comme étymons des mots français qui soit n'existent pas en français hexagonal (autogoal), soit y ont un sens différent (benzine, cabane, diète, lavoir). D'autre part, ces lexèmes, ou ces sens, se retrouvent dans le français que Béatrice Lamiroy appelle « non commun », pour désigner le français parlé hors de l'Hexagone, dans le cas étudié s'agissant respectivement du français de Belgique et de Suisse. Alors la question qui se pose est de savoir quelle est la langue source de ces emprunts et comment ceux-là sont entrés dans le vocabulaire roumain. Comme il y a peu de chances que le français parlé en Belgique ou en Suisse ait pu laisser des traces lexicales en roumain, il faut chercher la source commune ou le vecteur commun qui auraient marqué aussi bien le vocabulaire français de Belgique et de Suisse que celui du roumain. Structuré en deux grandes parties, le présent article analyse les mots similaires en français de Belgique et en roumain, ainsi que les mots similaires en français de Suisse et en roumain. Dans le premier cas, on a pu distinguer (1) des mots hérités du latin (frB. pape < lat. pappa - roum. papă), (2) des mots figés dans une forme ancienne (frB. prester une activité - roum. a presta o activitate), (3) des archaïsmes d'emploi (frB. logopède, remplacé en frF. par orthophoniste - roum. logoped), (4) de la dérivation similaire dans les deux langues (frB. calcareux - roum. calcaros), (5) des emprunts aux langues modernes (frB. kermesse - roum. chermesă; frB. carrousel - roum. carusel), (6) des calques (frB. assiette profonde - roum. farfurie adâncă), (7) des homonymes interlinguistiques (frB. clenche roum. clanţă). Dans le second cas, on a pu déceler (1) des archaïsmes d'emploi (frS. quittance - roum. chitanţă), (2) des régionalismes (frS. cabane - roum. cabană), (3) des emprunts (frS. foehn < all. Föhn - roum. föhn), (4) des calques (frS. escalier roulant < all. Rolltreppe - roum. scară rulantă). En conclusion, en roumain, ces mots sont soit des emprunts directs au français hexagonal des siècles passés (et non aux français non communs), soit des emprunts d'origine germanique dus aux relations que la Roumanie a eues avec les peuples germanophones.

Mots clés: mots francophones, emprunts lexicaux, régionalisme, archaïsme, faux amis