Le voyage comme (semi-)échec dans les littératures de langue française. Le cas d’Assia Djebar, Fatou Diome et Leïla Houari

Abstract: (The journey as a (semi-)failure in French-language literature. The case of Assia Djebar, Fatou Diome and Leïla Houari) In French-language literatures, travel is an omnipresent problem. In their literary works, writers can trace the displacement of immigrants, exiles, harraga, who are fleeing their native countries and settle, in a more or less lasting, more or less a country of adoption. It often happens that these displaced people do not manage to get rid of a past that does not pass, that sticks to their skin, that does not let them truly live their lives. The authors can also evoke mobility in the opposite direction, from the host country to matrie. Disgusted with life in a failed Eldorado or just wanting to see their homeland again, the protagonists of French-speaking novels set out on a journey that reveals to them the weatherability of the passage of time. Writers can finally recount the incursion of those who move from one birthplace, country of birth, to another, country of origin. Born in the exile of their parents, these characters go in search of “a filiation with a past. A past that is often unknown but certainly well-known “(Abdelkader Benarab). For them, the crossing represents a means of quest for identity, self-knowledge, re-knowledge. In our presentation, relying on three novelistic works belonging to authors who have experienced a completely different journey - La Disparition de la langue française of Assia Djebar, Le Ventrede l’Atlantique by Fatou Diome and Zeida de nulle part of Leila Houari -, we propose to analyze the theme of travel-failure and its impact on the identity construction of the characters.

Keywords: journey, failure, identity quest, matrie.

Résumé : Dans les littératures de langue française, le voyage est une problématique omniprésente. Dans leurs œuvres littéraires, les écrivains peuvent retracer le déracinement des immigrés, des exilés, des harraga, qui fuient leurs pays natals et s’installent, d’une manière plus ou moins durable, plus ou moins réfléchie, dans un pays d’adoption. Il arrive souvent que ces déplacés ne réussissent pas à se défaire d’un passé qui ne passe pas, qui leur colle à la peau, qui ne les laisse pas vivre véritablement leur vie. Les auteurs peuvent évoquer aussi la mobilité en sens inverse, depuis le pays d’accueil vers la matrie. Dégoûtés de la vie dans un Eldorado manqué ou tout simplement désireux de revoir leur terre natale, les protagonistes des romans francophones entreprennent une traversée qui leur divulgue le caractère altérable du passage du temps. Les écrivains peuvent relater enfin l’incursion de ceux qui se déplacent d’une matrie, pays de naissance, vers une autre, pays des origines. Nés dans l’exil de leurs parents, ces personnages partent à la recherche d’« une filiation avec un passé. Un passé souvent inconnu certes mais bien existant » (Abdelkader Benarab). Pour eux, la traversée représente un moyen de quête identitaire, d’auto-connaissance, de re-connaissance. Dans notre contribution, en nous appuyant sur trois œuvres romanesques appartenant à des auteures ayant connu un parcours complètement différent ‒ La Disparition de la langue française d’Assia Djebar, Le Ventre de l’Atlantique de Fatou Diome et Zeida de nulle part de Leila Houari ‒, nous nous proposons d’analyser le thème du voyage-échec et ses incidences sur la construction identitaire des personnages.

Mots-clés : voyage, échec, quête identitaire, matrie, marâtre.

Sectiune
Langue et littérature françaises
Pagina
393