Entre « langage barbare & corrompu » et « langue d’Or » : les voyageurs français face à la langue roumaine au XIXe siècle

Abstract: (Between « corrupted & barbaric language » and « Golden language » : French travellers dealing with the Romanian language in the 19th century) Among the many French travellers who passed through the Danubian Principalities in the 19th century, several of them thoroughly described in their accounts the Romanian people. However, few of them talked about their language. Their scarce observations only mention the Romanian lexis and its various influences, or the striking dichotomy between the Romanian language, spoken by the people, and the French language, spoken and promoted by the elites. Nevertheless, some French travellers focused not only on the Romanian language but also on its literature, and the French teacher and political activist Jean-Alexandre Vaillant is probably the archetype of this attitude. Indeed, he wrote a three-volume book called La Romanie […] in which he depicts, in a meticulous way, the inhabitants of Transylvania, Wallachia and Moldavia as well as an historical background of these principalities. His work reserves more than a hundred pages for the Romanian language and another hundred for the literature. But his lexicographic study doesn’t stop at this point because he has also published many translations, grammars books and, above all, one of the very first bilingual French-Romanian/Romanian-French (written in Romanian transitional alphabet) dictionary. His pioneering work thus paved the way for other scholars who showed great interest in Romanian language and culture.

Keywords: French travellers, Danubian Principalities, lexicography, Jean-Alexandre Vaillant, 19th century.

Résumé: Entre « langage barbare & corrompu » et « langue d’Or » : les voyageurs français face à la langue roumaine au XIXe siècle. Parmi les nombreux voyageurs français qui se sont aventurés dans les Pays Roumains au cours du XIXe siècle, beaucoup d’entre eux ont décrit dans leurs récits, avec force détails, le peuple roumain. En revanche, peu d’entre eux ont fait état de sa langue. Ainsi, les rares observations faites par ces voyageurs se limitent-elles soit à des considérations très générales concernant principalement le lexique et les différentes influences que l’on peut y déceler, soit à des réflexions sur le roumain, parlé par le peuple, en le mettant en opposition avec le français, parlé et promu par les élites. Toutefois, quelques voyageurs français se sont longuement attardés non seulement sur la langue roumaine, mais aussi sur la littérature. L’archétype de ce voyageur est probablement Jean-Alexandre Vaillant. En effet, celui-ci a rédigé un ouvrage en trois tomes intitulé La Romanie […] et dans lequel il décrit par le menu tout ce qu’il a pu observer chez les Transylvains, les Moldaves et les Valaques ainsi que dans leurs provinces respectives. C’est ainsi qu’il réserve plus d’une centaine de pages à la langue roumaine et une autre centaine à la littérature. Pour autant, son étude lexicographique ne s’arrête pas là car il a également publié des traductions, des grammaires et surtout un des tout premiers dictionnaires bilingues françaisroumain/roumain français. Ces travaux pionniers ainsi que les notes qu’ont laissées les voyageurs français de cette époque montrent le grand intérêt de certains d’entre eux pour la langue roumaine.

Mots-clés: voyageurs français, Principautés roumaines, lexicographie, Jean-Alexandre Vaillant, XIXe siècle.