Les relations entre l’Église et l’État dans la vision de Saint Maxime le Confesseur

Abstract: (Relationships between the Church and State in the Vision of Saint Maximus the Confessor). Saint Maximus the Confessor (580-662) was the most remarkable theologian of his time. After the conquest of Syria, Palestine and Egypt by the Arabs, many Orthodox monks, priests and bishops took refuge in Northern Africa, which became the Orthodox resistence center against monothelite heresy, supported by the imperial power and the patriarchate of Constantinople. Among the refugees who arrived in the Orient was Saint Maximus the Confessor. In short time, he became leader of the Orthodox opposition and the tenor of Byzantine theology. Starting from 634 until his arrest in 653, Maximus the Confessor got zealously involved in fighting monothelithism. In 655, imperial authorities in Constantinople put Saint Maximus on a political trial. He was accused of high treason and damages against the imperial majesty. Trial documents evoke his vision regarding the relationships between the Church and state. In his opinion, Church dogma should not, under any circumstances, be modified for the purpose of concession and compromise, and the Emperor must leave leadership of the Church to the bishops. Saint Maximus starts from the premise that in faith and dogma there can exist only exactness and rigorousness, with no place for concession and compromise. The Emperor is a layman and has no right to make decisions in matters of faith, that being solely the duty of the Church. These ideas were put in practice on the occasion of the VI-th Ecumenical Synod of Constantinople (680681) which condemned monothelitism and rehabilitated Orthodoxy.

Keywords: Church, state, synod, monothelitism, Saint Maximus the Confessor

Résumé: Saint Maxime le Confesseur (580-662) a été le théologien le plus remarquable de son époque. À la suite de la conquête par les Arabes de la Syrie, de la Palestine et de l’Égypte, beaucoup de moines, de prêtres et d’évêques orthodoxes se sont réfugiés en Afrique du Nord, qui est devenue le centre de résistance orthodoxe contre l’hérésie monothélite soutenue par le pouvoir impérial et la patriarchie de Constantinople. Parmi les réfugiés arrivés d’Orient se trouvait aussi Saint Maxime le Confesseur. Peu de temps après, il est devenu le leader de l’opposition orthodoxe et le ténor de la théologie byzantine. À partir de 634 jusqu’à son arrestation en 653, Saint Maxime le Confesseur s’est impliqué avec beaucoup de zèle dans le combat contre le monothélisme. En 655, les autorités impériales de Constantinople lui intentèrent un procès politique, de sorte que Saint Maxime fut accusé de haute trahison et de crime de lèse-majesté portant atteinte à la personne impériale.  Les Actes du procès intenté à Maxime le Confesseur évoquent sa vision concernant les relations entre l’Église et l’État. Selon lui, les dogmes de l’Église ne doivent être en aucun cas modifiés en faveur des concessions et du compromis, et l’empereur est obligé de laisser à la charge des évêques la direction de l’Église. La prémisse de laquelle part Saint Maxime est la suivante : dans la foi et dans les dogmes il ne peut y avoir qu’exactité et rigueur, il n’y a pas de place pour les concessions et les compromis. En fait, l’empereur est un laïque et ne jouit d’aucun droit pour prendre des décisions en matière de foi; cela revient exclusivement à l’Église. Ces idées ont été mises en pratique à l’occasion du VIe Synode œcuménique de Constantinople (680-681) qui a condamné le monothélisme et a réhabilité l’orthodoxie.

Mots-clés: Église, État, synode, monothélisme, Saint Maxime le Confesseur